Regarder les tableaux de valeurs nutritives : un bon réflexe?

Regarder les tableaux de valeurs nutritives au supermarché est devenu un geste presque automatique pour un grand nombre de consommateurs. Le but étant de choisir les meilleurs aliments pour la santé et pour la ligne. Dans cet article, je vous présente trois raisons pour lesquelles il est préférable de considérer les tableaux de valeurs nutritives avec un grain de sel!

Les chiffres que vous voyez sont inexacts

Les chiffres que vous voyez sur le tableau de valeur nutritive ne sont pas exacts. L’agence canadienne d’inspection des aliments tolère d’ailleurs une marge d’erreur de 20 % en ce qui a trait aux informations figurant sur les tableaux de valeurs nutritives.

Cette marge d’erreur est considérée acceptable puisque la valeur nutritive des aliments diffère selon les saisons, la provenance de l’aliment et les méthodes de transformation de l’aliment.  Plus encore, les méthodes utilisées pour l’analyse de la valeur nutritive des aliments sont multiples et ne mènent pas toujours aux mêmes résultats.

« Un produit qui contient en réalité 100 calories pourrait aussi bien afficher 80 que 120 calories. »

Par exemple, la valeur nutritive d’un poulet rôti de l’épicerie pourrait varier au niveau du gras et des protéines selon la constitution de chaque poulet. Pour avoir un chiffre précis, il faudrait faire l’analyse de chaque poulet et produire des étiquettes une à une. Bien entendu, ce ne serait pas réaliste.

Cette marge d’erreur de 20% peut faire une sacrée différence quand vient le temps de choisir ses aliments. Notons par ailleurs que l’écart peut être autant à la hausse qu’à la baisse. De fait, un produit qui correspond en réalité à 100 calories pourrait aussi bien afficher 80 que 120 calories. De fait, il est inutile de se fier aux tableaux de valeurs nutritives tant les chiffres qui y figurent manquent de précision.

S’alimenter devient hyper-complexe

La lecture des étiquettes peut engendrer une série de règles alimentaires rigides ainsi que de la restriction. Par exemple, un consommateur peut en venir à s’imposer des barèmes assez stricts du type: la barre granola qu’il choisit doit contenir moins de 5g sucre, ses céréales, moins 3g de gras et son fromage, moins de 20% de matière grasse.

« La nourriture n’est plus une source de plaisir, mais plutôt de tracas. »

Ainsi, devoir se conformer à ces règles alimentaires avant de se donner la permission d’acheter et de manger un aliment devient un véritable casse-tête. La nourriture n’est plus une source de plaisir, mais plutôt de tracas.

La catégorisation des aliments comme « bons » et « mauvais »

L’utilisation de la valeur nutritive pour orienter nos choix alimentaires conduit parfois à la catégorisation des aliments: les « bons » et les « mauvais ». Et ce genre de catégorisation est risqué. En effet, les « bons » aliments peuvent perdre de leur attrait car ils deviennent ce qu’on DOIT manger en grande quantité, qu’on en ait envie ou pas. D’un autre côté, les « mauvais » aliments deviennent des aliments interdits. Cependant, lorsqu’on s’interdit de manger certains aliments, ces derniers deviennent nettement plus attrayants. S’interdire certains aliments ou en restreindre l’accès est une pente glissante menant parfois à des excès, suivie d’une impression d’avoir triché et d’un sentiment de culpabilité. Vous devenez ainsi à risque de renforcer le cercle vicieux de la restriction suivie de l’excès.

Une meilleure approche

Bref, accorder une trop grande importance aux tableaux des valeurs nutritionnelles peut nuire à votre relation avec la nourriture. Essayez d’accorder moins d’importance aux chiffres et misez plutôt sur l’écoute des signaux que votre corps vous envoie.

« Ils ne tiennent pas en compte les nutriments qui sont les plus appropriés pour vous. »

Par exemple, si vous avez envie d’une pizza surgelée, autorisez-vous à l’acheter et à la manger sans culpabilité. Une fois que vous l’aurez savourée, votre envie sera comblée. Votre envie de fastfood sera probablement passée et vous apprécierez un bon repas fait maison par la suite.

Rappelez-vous que les tableaux de valeur nutritive sont génériques. Ils ne tiennent pas en compte les nutriments qui sont les plus appropriés pour vous. Par exemple, le nombre de calories que vous avez besoin varient d’une journée à l’autre selon plusieurs facteurs. Se fier au nombre de calories sur les étiquettes ne serait pas une bonne façon de déterminer la quantité que vous devriez manger. Par contre, votre corps reconnaît ses besoins et ajuste vos signaux de faim et de satiété en conséquence.

Vous pouvez donc faire confiance à votre corps. Il s’agit du meilleur guide pour vous aider à faire vos choix alimentaires !

À propos de Jaimie Yue

Jaimie est une nutritionniste-diététiste, membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ). Elle compte plusieurs années d’expérience en consultation nutritionnelle chez les personnes qui ont une relation malsaine avec la nourriture et leur corps. Son approche est individualisée et elle prône la bienveillance pour aider les gens à se reconnecter avec les signaux internes de leur corps et à retrouver le plaisir de manger sans culpabilité.

Pour en savoir plus, visitez son site web : https://www.nutriviesante.com/fr/

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